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Technosolutionnisme
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Le technosolutionnisme, ou solutionnisme technique, est la confiance dans la technologie pour résoudre un problème quelle qu'en soit la naturecite-ref-1[1]cite-ref-2[2].

Selon ce concept initialement développé par le physicien américain Alvin Weinbergcite-ref-3[3], tous les problèmes pourraient trouver des solutions dans des technologies meilleures et nouvelles. Le terme est maintenant utilisé comme une expression condescendante pour décrire des solutions bon marché et rapides en utilisant des technologies inappropriées ; ces correctifs créent souvent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent, ou donnent le sentiment qu'ils ont résolu le problème.

Lorsque le problème a lui-même été causé par l'usage de technologies antérieures, le technosolutionnisme revient à une tentative de réparer les dommages par une modification du système, qui peut impliquer une modifications des technologies existantes, et/ou une modification de ses procédures d'exploitation ou de maintenance. Ces correctifs technologiques, souvent considérés comme inévitables dans la technologie moderne, engendrent toutefois un phénomène de fuite en avant. Il a été en effet observé que de nombreuses technologies, bien qu'inventées et développées pour résoudre certains problèmes perçus, créent souvent d'autres problèmes dans le processus, appelés externalitéscite-ref-4[4], ou offrent d'autres opportunités de développement et donc augmentent la consommation totale d'énergie par un effet rebond.

Contents


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Réchauffement climatique

Dans le cadre du réchauffement climatique, le terme « technosolutionnisme » a été utilisé pour qualifier des technologies expérimentées ou envisagées pour capturer le dioxyde de carbone, refroidir les océans, ou modifier le régime des pluiescite-ref-5[5]cite-ref-6[6].

Solutions

Dans une étude de 2020, quatre grandes familles de discours ayant pour effet de retarder les actions en matière de lutte contre le changement climatique sont identifiées. Selon l'une d'elles, baptisée « optimiste technologique », le changement disruptif n'est pas nécessaire, et il convient de favoriser les solutions qui ne sont pas de nature à transformer la sociétécite-ref-7[7]. Il s'agirait, en quelque sorte, de « ne pas changer le système, quitte à changer le climat »cite-ref-8[8].

Le physicien David Keith étudie des solutions technologiques au problème du réchauffement climatique depuis les années 1990. Il a voulu étudier l'effet de l'injection de quantités importantes de calcite dans l'atmosphère, arguant que cette matière pourrait modifier l'albédo de la Terre sans porter atteinte à la couche d’ozonecite-ref-9[9].

Critiques

Le journaliste Stéphane Foucart considère que le technosolutionnisme est la forme moderne du climatoscepticisme. Il consiste à envisager le problème climatique et les problèmes environnementaux « comme des problèmes que la technique va de toute façon réussir à résoudre »cite-ref-10[10].

Le chercheur en politiques environnementales Théodore Tallent analyse en 2023 des projets récents de géo-ingénierie et craint que certaines entreprises n'investissent le champ du technosolutionnisme. Ceux qu'il qualifie d'« entrepreneurs de rêve » risqueraient ainsi de faire tomber l'humanité dans une « trappe climaticide », celle de l'« aveuglement technologique »cite-ref-11[11].

Les États comptent sur la croissance économique pour investir dans des politiques climatiques fondés sur la technologie, car la transition énergétique, et les technologies de production et de consommation d’énergie bas-carbone ainsi que de technologies de captation du CO2 qui vont de pair, nécessitent de lourds financements. Or la croissance de la consommation matérielle est la cause principale de l'augmentation des gaz à effet de serre. Dans ce cas, il s'agirait d'un « piège évolutif »cite-ref-12[12].

Notes et références

cite-note-11. 2023« Le « solutionnisme technologique », cette foi en l’innovation qui évite de penser le changement », Le Monde,‎ 22 mars 2023 (lire en ligne, consulté le 28 septembre 2025)
cite-note-22. weinberg1978a-m-weinberg1978(en) A. M. Weinberg, « Beyond the technological fix. [Detrimental and unforeseen side effects] », www.osti.gov, Institute for Energy Analysis, Oak Ridge, Tenn. (USA), no ORAU/IEA-78-5(O); CONF-780222-16,‎ 28 février 1978 (lire en ligne, consulté le 28 septembre 2025)
cite-note-33. johnston2018sean-f-johnston2018(en) Sean F. Johnston, « Alvin Weinberg and the Promotion of the Technological Fix », Technology and Culture, vol. 59, no 3,‎ 2018, p. 620–651 (ISSN 1097-3729, DOI 10.1353/tech.2018.0061, lire en ligne, consulté le 28 septembre 2025)
cite-note-44. drengson1984alan-r-drengson1984(en) Alan R. Drengson, The sacred and the limits of the technological fix, vol. 19, septembre 1984 (ISSN 0591-2385, DOI 10.1111/j.1467-9744.1984.tb00929.x, lire en ligne), p. 259–275.
cite-note-55. « Changement climatique : la géo-ingénierie peut-elle nous sauver ? », sur RTL (consulté le 28 juin 2022).
cite-note-66. 2019« Ecologie : pourquoi la technologie ne nous sauvera pas ? », sur Radio France, 15 mai 2019 (consulté le 28 juin 2022).
cite-note-77. 2022(en) « Discourses of climate delay » [PDF], sur Cambridge University Press, 8 juin 2022, p. 2.
cite-note-88. 2023« Les cornucopiens sont parmi nous ! Mais qui sont-ils ? », sur theconversation.com, 9 août 2023.
cite-note-99. sacco2016laurent-sacco2016Laurent Sacco, « Géoingénierie : un test pour refroidir la Terre est à l'étude », sur Futura, 16 décembre 2016 (consulté le 28 juin 2022).
cite-note-1010. santacroce2021l-ia-santacroce2021Léia Santacroce, « Changement climatique : 5 choses à savoir sur les climatosceptiques », sur Geo, 17 décembre 2021 (consulté le 28 juin 2022).
cite-note-1111. 2023« « La lutte contre le réchauffement climatique doit éviter de tomber dans le piège du technosolutionnisme » », Le Monde,‎ 11 janvier 2023 (lire en ligne, consulté le 25 avril 2023).
cite-note-1212. 2024« COP29 : l’espèce humaine prise au piège de son techno-solutionnisme ? », sur theconversation.com, 5 novembre 2024 (consulté le 3 décembre 2024).

Bibliographie

• toko2024fatie-toko2024Fatie Toko, Et si la tech pouvait sauver le monde ?, L'Aube, 2024 (ISBN 9782815959223)

Articles connexes